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Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Vivre sans désir, c'est renoncer à exister

Vivre-sans-desir.jpgLe désir est friand de « non-être » et de « non-avoir ».  Je désire ce qui pour moi n’est pas. Mon existence tend ainsi vers ce qui n’existe pas me concernant. Mais ce qui n’est pas pour moi peut être pour autrui. Il s’agit alors du « non-avoir ». Désirer, c’est aussi vouloir posséder ce qui ne m’appartient pas tant que je désire, ce qui est mais qui m’échappe. Le « non-avoir » est également plus difficile à vivre que le « non-être » absolu, c’est-à-dire le néant. Ce dernier en effet est égalitaire. Ce qui n’est pas pour moi ne l’est pas non plus pour l’autre. Nous sommes tous deux devant rien. Faire du néant un étant permet alors de se distinguer, de me positionner à un niveau différent de celui dans lequel nous nous trouvions, les uns et les autres. Ce désir là autorise ainsi, une fois satisfait, de se dépasser en dépassant les autres. Y-t-on trouve pourtant une réelle satisfaction ? Que le désir soit causée par du « non-être » ou du « non-avoir », la satisfaction, si on l’entend comme réelle et durable, est une illusion. Nous nous illusionnons avec le désir car son objet est idéalisé. Sans idéal, nous ne désirerions pas. Il s’agirait tout juste de se conformer, de rentrer dans le rang. Le désir par contre a une charge émotionnelle. Il y a un plus entre la conformité et ce qui est désirable, et c’est ce plus qui participe de la création, mais génère aussi de la frustration, du dégoût, de la lassitude. On est lasse que de trop désirer parce qu’une existence n’est pas tendue sans effort. On perd le goût lorsque l’objet tant convoité et enfin acquis n’a pas la saveur escompté. C’est fade et fatiguant. Pour autant, il faut bien se nourrir car que faire d’autres. Sans désir, point d’objectif, ce qui laisse toute la place à l’ennui. Affranchissez-vous du désir nous disent certains et vous vous porterez mieux. Ils ont certainement raison à propos du « non-avoir ». Par contre, on ne se sent pas mieux avec rien, avec du « non-être », parce que l’existence ne gagne en épaisseur qu’avec plus d’étant. Vivre sans désir, c’est renoncer à exister.

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Greg 18/04/2016 21:41

Pas d'accord. Connaissez-vous le bouddhisme ? Désirer n'avoir aucun désir, c'est justement ce à quoi aspire un bouddhiste. Comment se réjouir de quelque chose qui de toute façon n'est qu'éphémère par nature ? L'être humain ? Ephémère. Le bonheur ? Ephémère. Nos sentiments ? Ephémère. Nous-même ? N'en parlons pas... https://desgeeksetdeslettres.com/pourquoi/trois-arguments-pour-se-foutre-de-tout