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Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'identité n'est pas la personnalité

Identite-personnalite.jpgL’identité personnelle ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. Elle est une construction de l’entendement, le résultat de la conscience de soi, une représentation de soi par soi. N’allons pas chercher des traits identitaires dans le monde. Les qualités ne sont pas à confondre avec l’identité. Je suis certes timide vis-à-vis de quelqu’un, mais je ne le suis pas avec tout le monde. Alors, suis-je une personne réservée ou pas ? Et même si je le suis avec tout le monde, le serais-je forcément avec quiconque ? Combien de fois aussi nous sentons nous différents selon la présence d’autrui ? En permanence. Continuellement, en contact avec le réel, j’ai l’impression de ne pas être le même. Et pourtant, si j’ai ce sentiment de différence me concernant, cela ne peut être que par rapport à un point stable. Il faut bien que je sois moi pour me dire changeant en fonction des situations, des humeurs, des personnes qui m’accompagnent. Cette stabilité me fait également penser que je suis moi et pas un autre ; à défaut, la schizophrénie risque de m’emporter. Avoir conscience de soi, c’est s’assurer une continuité, une durée, dans un monde qui n’est que mouvement. L’identité personnelle ainsi s’insère entre ce qui n’est pas et le devenir. La conscience de soi, c’est se savoir être, fixement, même si le mouvement nous impressionne. C’est toute la contradiction de l’identité, cette fixité intérieure soumise au changement perpétuel du monde. Tout est devenir, y compris soi, mais nous avons cette capacité d’immobiliser mentalement notre être. Sans cela, tout projet serait impossible. Il faut bien un point de départ pour se projeter, et donc vivre. Il existe, je pense, en chacun, ce que j’appellerai une part foncière, ou encore identité, immobile donc, sur la base de laquelle s’édifie la personnalité, qui elle n’offre aucune stabilité. Voilà me semble-t-il une différence entre l’identité et la personnalité.

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anonyme 28/09/2016 10:05

Incluez-vous la personnalité dans l'identité ?

DéfiTexte 28/09/2016 13:44

Mais je n'inclurai pas la citoyenneté, une individualité statistique dans un mécanisme identitaire, sauf au sens où un président de la République serait, au conditionnel, l'identité symbolique des Français plutôt que l'identité déléguée de la France... Ici comme partout, si vous faites de la philo, tendez à ne jamais rien mélanger !

DéfiTexte 28/09/2016 10:51

Bonjour. Disons, l'individualité (les goûts, les différences, en propre), et la personnalité (le caractère moral ou bien juridique, social) sont sans doute des modalités d'une identité (ce qui ressort en langage courant et spontanément hors d'une diversité ; par exemple, précisément "diversité" ou bien "particularité" ou bien même "c'est bien", etc.)

DéfiTexte 09/11/2011 02:58


Vous dites : si j’ai ce sentiment de différence me concernant, cela ne peut être que par rapport à un point stable. La mémoire, une fonction plutôt qu'un point, est suffisamment stable pour me
faire connaitre que je change. Mais elle-même change, à un rythme propre. Donc, si j’ai ce sentiment de différence, ce n'est ni par rapport à un point mais à une fonction, ni par rapport à une
stabilité mais par rapport à une différence de durée des cycles. L'identité A = A d'un jour sur l'autre est la relation de mes états entre eux plutôt qu'une égalité avec un pivot sans réalité.
Voyez Descartes : l'identité est la permanence de la fonction je pense : n'oublions pas les fonctions ! Et Kant : la permanence du je pense, ce sont nos fondamentales actions, les catégories. À
propos de Kant : c'est l'entendement qui fournit, non l'égalité personnelle (distinguons) mais l'identité, la synthèse identitaire de ce que sont les choses, en montant, avec la liberté de la
colombe, vers l'inconditionné (et la parole lapidaire). Donc la conscience identitaire de soi, c'est la fonction, la vie, ou l'existence c'est à dire le mélange de la fonction conscience dans le
monde ; ou bien par ailleurs, le dernier mot de l'histoire, l'être que nous sommes devenus et la conscience (de soi) : son résultat lapidaire. 
Ne pourrait-on pas dire, pour vous paraphraser : Il faut bien que je sois changeant pour me dire changeant ? Et : je suis, moi comme les autres, instable ? Vive l'évolution (la révolution)
sans quoi aucun projet n'est possible !


Jefka 09/11/2011 09:28



Merci pour votre commentaire très intéressant.



Tahar YETTOU 07/11/2011 15:47


Entièrement d'accord !