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Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Les philosophes - Voltaire - La philosophie engagée

Voltaire.jpgTrès jeune Voltaire s’illustre par ses talents d’expression littéraire. L’enfant d’une dizaine d’années est déjà capable d’employer la langue française avec toutes les subtilités qui la caractérise. Sûr de ses capacités, il devient un homme ambitieux. La fortune et la gloire l’intéressent, mais elles l’obligent à se démarquer. Le style qu’il emploie dans ses écrits y participe. Il est provocant, frondeur, ironique et à la fois si utile pour toute prise de conscience. Car Voltaire souhaite également libérer l’homme de ses chaînes séculaires qui l’embastillent dans un état de soumission au profit d’autorités despotiques et dogmatiques. Sont visées la religion et l’absolutisme. La critique n’est certes par un exercice nouveau, d’autres avant Voltaire s’y sont essayés. Mais l’ironie dont use allègrement ce dernier, pratiquée sous une forme claire et directe, ajoute à son œuvre un caractère comique qui attire l’attention du public et suscite des réactions contestatrices. Voltaire sera en effet une figure majeure de ce siècle dit des Lumières, parcouru par bon nombres d’auteurs et d’intellectuels pourfendeurs de l’obscurantisme moyenâgeux. La Révolution française sera d’ailleurs la tempête succédant à ce vent contestataire. Voltaire fût-il le premier penseur à s’engager si ouvertement et publiquement ? Evidemment non. Lui précédèrent des penseurs illustres qui usèrent de leur raison avec honnêteté et sincérité afin de bousculer les illusions et les préjugés. Socrate par exemple fût de ceux-là, en questionnant avec insistance chaque puissant rencontré sur le contenu de son prétendu savoir des choses et des faits. Voltaire renouvelle donc une pratique ancienne de la philosophie, celle consistant à la positionner au cœur d’une réflexion dont la portée influence l’avenir de la cité. Ainsi, même si Voltaire n’a construit aucun système de pensée, il n’en fût pas moins philosophe dans sa façon d’agir, en mettant à la disposition des autres le fruit de ses raisonnements éclairés. La philosophie n’est pas uniquement une activité de l’esprit qui se complait dans quelques concepts inaccessibles à tout à chacun, voire contradictoires les uns par rapport aux autres. Elle est également un combat pour abattre les opinions préconçues. La philosophie, en éprouvant notre capacité d’interprétation de ce que se présente devant nous, remet en cause des habitudes, des accoutumances, jusqu’à parfois servir la justice. A ce titre, Voltaire se battît à la fin de sa vie pour la réhabilitation d’un homme, Jean Colas, condamné pour un meurtre qu’il n’avait pas commis. Le tribunal s’était prononcé contre l’accusé uniquement parce qu’il était protestant. Un homme fût ainsi jugé non pas sur ce qu’il avait fait, mais selon ce qu’il était. Cette démarche dite de justice ne pouvait que pousser tout esprit philosophe à l’action, libre à lui ensuite d’en définir le mode d’expression. L’action volontariste contre toute forme d’oppression sclérosant la liberté de conscience doit être le cheval de bataille des philosophes, tel est en substance le message de Voltaire. Il prédisait d’ailleurs qu’une fois l’individu libéré de ses chaines, les philosophes s’effaceraient. Cette prédiction ne s’est pas accomplie pour l’instant. En effet, l’émergence de nouveaux fanatismes, tant religieux que politiques, nous enseigne que la philosophie conserve aujourd’hui encore toute son utilité pour protéger l’homme de passions et de tentations qui ne sauraient être qu’une négation de l’humanité.

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jean-louis 07/10/2018 16:55

S'engager, c'est à la mode. Tout le monde s'engage maintenant : les gens, les professionnels, les entreprises, les militants, les associatifs etc C'est un concept hyper-valorisé. On dirait que tout le monde est responsable.
Juste, il y a que certains engagements sont souhaités, et d'autres non.
Je trouve respectable, estimable qu'un chrétien, par exemple, applique dans sa vie les préceptes de Jésus, qu'il s'engage conformément aux valeurs de l'évangile;
Mais je ne comprends pas pourquoi on refuse à quelqu'un le droit de s'engager conformément à son athéisme et ses convictions antireligieuses. Pourquoi il est blâmé, condamné, s'il fait le contraire de ce qui est préconisé dans les évangiles. (je ne vous rappelle pas ses vertus cardinales)
(Enfin si, je comprends, c'est pour dire)