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Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'acquis ou l'inné, ou bien l'inné et l'acquis ?

Acquis-ou-inne.jpgL’acquis est la somme de ce qui est arrivé et que nous conservons. L’acquis est produit par l’éducation, la culture, l’histoire, contrairement à l’inné qui est une disposition du fait de la naissance. L’inné est immédiat alors que l’acquis nécessite du temps. L’acquis demande également une mise à disposition et la réalisation de quelque chose, qu’ils s’agissent du travail, de l’apprentissage ou encore de l’écoute. A contrario, l’inné est disponible sans qu’aucun effort ne soit consenti quant à son obtention. Autrement dit, l’homme acquiert un acquis et dispose de l’inné. La séparation de ces deux notions est évidente en matière de définition. Mais cette différence est-elle tout aussi catégorique d’un point de vue pratique ? L’existence consacre-t-elle l’une au détriment de l’autre ou s’agit-il de deux expériences dont la complémentarité est essentielle pour l’expression du talent ? Inné ou acquis, ou bien inné et acquis ? Les décennies 60 et 70 par exemple prirent l’option d’un débat confrontant l’acquis et l’inné et ce jusqu’à caractériser l’appartenance politique selon l’adhésion à l’un ou l’autre de ces deux concepts. La droite accordait une place de première plan à l’inné dans le développement humain, privilégiant notamment les valeurs nées de l’héritage et entretenant ainsi un certain conservatisme. A contrario, la gauche condamnait haut et fort le caractère inégalitaire de l’inné et revendiquait une prédominance de l’acquis dans les affaires humaines car seul celui-ci autorise l’action sociale. L’inné en effet n’est pas modifiable alors que l’acquis est variable concernant son contenu et les modalités de son acquisition. Pour citer un autre exemple, les Grecs avant l’avènement du christianisme déterminèrent leur modèle de société selon l’inné. L’organisation sociale grecque produisit l’aristocratie en reconnaissant légalement et moralement les dons naturels, à l’inverse du travail, soit de l’acquis, qui était considéré comme une activité servile. Est-ce à dire que ceux qui détenaient le pouvoir étaient dotés de facultés naturelles légitimant leur poids politique ? La réponse est non car la promotion était aussi et surtout affaire de fortunes acquises grâce à la naissance et non du fruit de prédispositions singulières. Ainsi, l’inné ne correspond pas seulement à ce que l’on est capable de faire compte tenu de qualités particulières. L’inné présente également une composante matérielle. Ce peut être une propriété que l’on possède indépendamment de toute entreprise, alors que l’acquis est une possession qui vient après.

On distingue volontiers aujourd’hui l’interdépendance de l’acquis et de l’inné, notamment au titre de l’exploit ou du chef d’œuvre. L’homme a besoin des deux pour exceller. Mais sans aller jusqu’à la perfection, nous sommes tous des héritiers et rien ne nous empêche, sous quelque forme que ce soit, d’enrichir notre héritage. En d’autres termes, l’acquis s’ajoute à l’inné dans une démarche de progrès.

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D
<br /> Merci pour l'article ! On pourrait encore faire évoluer de façon bien plus cohérente, naturelle, humaine, le système éducatif. De nombreux thèmes sont déjà repris par les politiques mais jamais<br /> appliqués : un maximum d’une quinzaine d’élèves par classe, des enfants mieux respectueux de leurs professeurs car mieux encadrés par leurs parents, des moyens permettant aux professeurs de<br /> s’évader de l’enceinte scolaire. Mon avis sur l'inné ou l'acquis ici http://bit.ly/ds1UYI<br /> <br /> <br />
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